Les moteurs Vendeuvre

Les « Etablissements de constructions mécaniques de Vendeuvre » sont surtout connus pour leur production des tracteurs du même nom. Cette fabrication n’a pourtant débuté qu’en 1952 et auparavant, une grande diversité de machines a été produite.

Cette société est issue d’un atelier de constructions d’outils agricoles créé en 1837 par Jean Baptiste Protte à Vendeuvre-sur-Barse (Aube), atelier qui s’est rapidement associé avec les Etablissements Jules Gigault.

Pendant la deuxième moitié du 19ème siècle et au début du 20ème, la production concerne des batteuses, des presses, des locomobiles à vapeur et du matériel de culture.

Après la 1ère Guerre Mondiale, dans le but de remplacer les trop encombrantes et trop lourdes locomobiles, les premiers moteurs à essence sont conçus et produits.

A partir de 1930, Vendeuvre produit essentiellement des moteurs diesel. La gamme de puissance de ces moteurs est très étendue (de 6 à 70 ch.), ce qui permet de réaliser de nombreuses applications dans l’industrie et les TP, ainsi que des adaptations sur des tracteurs. Ce n’est qu’en 1952 que sort le premier tracteur Vendeuvre. En 1961, Vendeuvre est achetée par l’américain Allis-Chalmers pour produire des tracteurs de cette marque, puis l’activité cesse totalement en 1965. Fin de l’histoire !

 

Ce qui suit constitue une évocation un peu plus précise de la production des moteurs à essence Les premiers modèles produits sont regroupés en 3 gammes distinctes correspondant à 3 vitesses de rotation différentes :

- la série « EV » (Etablissements de Vendeuvre) à régime lent : 400 t./min.

- la série « EVM » à régime moyen : 600 t./min.

- la série « EVR » à régime rapide : 1000 t./min.

La série EV comprend 7 modèles de 1 à 12 ch. : EV1, EV2, EV3, EV5, EV7, EV9 et EV12.

La série EVM comprend 5 modèles de 3 à 12 ch. : EVM3, EVM5, EVM7, EVM9 et EVM12.

La série EVR comprend 8 modèles de 2 à 15 ch. : EVR2, EVR3, EVR4, EVR6, EVR8, EVR10, EVR12 et EVR15.

 

Quelques modèles EVM :

Quelques modèles EVR :

Pour approfondir l’évocation de la série EV, voici l’histoire du moteur n° 1159, un représentant du type 3.

Les moteurs EV ont 2 volants, le cylindre borgne, une régulation de type « tout ou rien » sur l’échappement et la soupape d’admission automatique.

Le modèle EV3 développe donc 3 ch. à 400 t./min. pour une cylindrée de 1375 cm3 (alésage 120 mm, course 120 mm).

 

Arrivée du moteur en octobre 2006.

Un des deux volants a du jeu sur l’arbre : un problème de clavette sans doute. Sinon, le moteur est complet mais grippé. « S’il est bloqué, ce n’est que depuis peu ! » a affirmé le vendeur en assurant en avoir pris grand soin...

Puisqu’il n’est que légèrement bloqué, il suffit peut-être de remplir le cylindre de dégrippant et d’attendre quelques mois que le produit fasse son oeuvre.

Mars 2007 : l’hiver est passé par là mais le piston refuse toujours de bouger.

Ouverture des trappes et mauvaise surprise : le carter contient une fine épaisseur d’huile en surface et beaucoup d’eau dessous !

Les volants sont déposés : une des clavettes n’est pas à la bonne cote et sera à donc à refabriquer.

Dépose de l’ensemble cylindre-piston-bielle.

En fait, le piston est sévèrement grippé. De plus, il est en alu. Il s’agit sûrement d’une adaptation en remplacement du piston d’origine.

Après un grattage énergique du bas du cylindre, l’extraction se fait pas la méthode de la mise en pression. Malheureusement, les segments sont tous cassés. Maigre consolation : la fastidieuse opération du décollage des segments est évitée. Les segments neufs sont trouvés sans problème car le diamètre du cylindre est très courant (120 mm).

Le moteur est maintenant en pièces détachées.

Avant de continuer, il faut construire un chariot.

Maintenant , il suffit de remonter les différents éléments après les avoir remis en état.

Avec un réservoir d’essence et un autre pour l’eau de refroidissement, le moteur est complet.

A l’usage, ce moteur se révèle très attachant, sûrement à cause de son régime particulièrement lent.